L’amour, chemin du soi vers le Nous

Confiance en soi, Famille, couple, Non classé

A quelques jours de la Saint Valentin, j’avais envie de vous faire partager quelques réflexions sur l’amour.

Ce sentiment puissant permet de soulever des montagnes à qui sait donner plus qu’il ne prend. Une seule personne peut faire de grandes choses, aidé du levier amoureux, exalter ses forces, repousser ses peurs et ses faiblesses pour venir en aide à la personne aimée.

Néanmoins, la mesure doit rester de mise car, sans cela, la folie nous guette et ce sentiment devient alors dangereux, destructeur pour soi et pour les autres.

L’Amour ou l’émergence du soi par le nous …

Le choix du partenaire amoureux résulte d’une mécanique mettant en jeu un équilibre subtil entre l’attirance consciente ou culturelle et l’attirance inconsciente ou naturelle.

L’union parfaite dans le couple prend deux dimensions, celle du corps et de l’esprit, de la matière et du spirituel, celle de deux corps qui s’unissent pour ne faire plus qu’un, de deux esprits qui s’oublient pour se transcender par l’autre. Cette union marque le passage du chaos à la lumière par la transcendance du mouvement vers le haut. Ne dit-on pas que l’on atteint le nirvana dans une union parfaite ?

Il semble utile de rappeler que la Nature avait prévu que l’activité sexuelle ne soit pas exclusivement orientée vers la procréation mais aussi vers le plaisir. Il suffit d’observer la multiplicité des zones érogènes pour s’en convaincre.

Dans la sexualité, le baiser revêt un caractère hautement personnel et est le préliminaire, dans la plupart des sociétés de la rencontre amoureuse physique. Il est l’occasion de goûter son partenaire et d’en tester la compatibilité sensorielle. Il existe toutes sortes de baisers, le Kâmasûtras en dénombre six… De quoi s’y perdre et prendre tout le temps de se découvrir mutuellement par le biais de quatre de nos cinq sens, les yeux restant fermés pour laisser la place aux autres sensations.

Le baiser est, peut-être, en fin de compte un passage vers la découverte de l’autre et de soi par son regard bienveillant. Le bandeau tombe à la fin du baiser …

Les pratiques sexuelles varient fort peu suivant les diverses sociétés humaines. Les modes de séduction, de contacts, les parades et les expressions faciales ne présentent que des différences mineures.
Dans le Kâmasûtra en Inde, et La Prairie parfumée en Arabie, l’acte sexuel et la manière de le pratiquer sont décrits comme des formes d’art. Les soixante-quatre positions du Kamasutra peuvent être considérées comme des positions de yoga pour un couple. En particulier, le tantrisme quand il est pratiqué en couple, est le contexte spirituel supposé de ces positions, dont, contrairement à une idée répandue, sa finalité n’est pas d’augmenter le plaisir charnel qui n’est pour lui qu’un tremplin vers l’extase mystique via nos 5 sens.

L’attachement durable, la formation de couples relativement stables s’observe chez nos cousins, les grands singes, mais sans atteindre la diversité des comportements individuels, la durée, et le rôle fondamental de l’imaginaire constatés dans la vie amoureuse humaine.

Un autre facteur qui nous distingue des singes, avec d’énormes conséquences, est la disponibilité quasi constante de la femelle humaine à l’accouplement, ce qui n’existe pas chez les autres mammifères.

Les zoologues se sont en outre intéressés à l’avantage concurrentiel, du point de vue de l’espèce, que donne l’amour tel qu’il se manifeste chez l’homme. Il apparaîtrait comme nécessaire à la sécurisation du couple durant la période d’extrême vulnérabilité des jeunes, elle-même suivie de la phase de développement de l’intelligence d’un adulte, moments qui, rapportés à leurs équivalents chez les espèces proches, sont extrêmement longs.

L’Amour se vit hors de l’espace et du temps

Bien que la langue française ait la particularité de ne posséder qu’un mot pour désigner une large variété de significations distinctes, elle est riche d’exemples déclinant et décrivant ces différents aspects. Parmi les ouvrages qui ont marqué ma jeunesse, je souhaite revenir sur « l’écume des jours » de Boris Vian.

L’espace temps n’existe plus lorsqu’il s’agit de sentiments. Dans ce roman, la maison de Colin rétrécit, les saisons se succèdent sans logique, la chambre devient un marécage au fur et à mesure que la maladie de Chloé s’aggrave … La description que Vian fait des ressentis de Colin est intéressante car tellement réelle. Les amoureux vivent « dans leur bulle » et le temps et le monde autour n’existent plus pour eux.

On peut aussi noter que l’amoureux peut tout par amour, il utilise ce sentiment comme un levier pour satisfaire les besoins de l’être aimé et le retenir à ses côtés par la construction d’une relation stable.

L’amour est décrit dans « les fleurs du mal » de Baudelaire, comme le pire des poisons qui mène aux rives de la mort dans « le poison » ou comme une extase menant vers l’éternité dans l’« hymne ».

Eternité, poison qui s’insinue dans nos veines sans que l’on en ait conscience … Mais le poison est-il vraiment si mauvais ?

Amour structurant de l’Etant ou instinct de mort ?

En psychanalyse et psychologie moderne, la relation amoureuse parents/enfants, notamment, est centrale pour la construction de l’humain et ses relations à venir. Certains psychanalystes se sont d’ailleurs servis des pratiques sexuelles pour classifier l’humanité, selon Foucault.

Au point de départ pour Hannah Arendt, comme pour Saint Augustin, il y a une expansivité, le désir. « Structure fondamentale de l’étant », le désir est la forme d’un appétit qui installe le désirant dans la solitude, le dispose à toutes les détresses et à toutes les audaces, mais qui trahit une dynamique irrécusable, la volonté d’être heureux. Bonheur, joie, de quelque nom qu’on l’appelle, l’objet du désir révèle la fin ultime de l’être créé : être heureux. L’amour devient donc source de bonheur, en passant par la case souffrance, la descente en enfer, la montée aux cieux et parfois, quand ça se passe mal, le retour en enfer …

Pour Freud, l’homme a une tendance innée à l’agression et à la destruction : c’est l’instinct de mort (Thanatos). A l’inverse, Eros serait l’instinct de vie, dont la libido serait une manifestation  « énergétique ». Eros et Thanatos ont une interprétation biologique. Eros serait l’instinct tendant à conserver la substance vivante et à l’agréger en unités toujours plus grandes. Thanatos serait l’instinct tendant à dissoudre les unités vivantes et à les ramener à l’état inorganique. Mais l’antagonisme entre ces deux instincts ne serait que superficiel, puisque ceux-ci répondraient à une tendance commune, soit maintenir une excitabilité nulle ou, à tout le moins, minimale. En outre, Thanatos se manifeste le plus souvent en relation avec le principe de plaisir, sadisme/masochisme/absence de douleur dans le suicide.

Coup de foudre, désir, chimie ou alchimie ?

Les différents types d’attachement ont des bases neurobiologiques en partie communes. Chez l’Homme, l’attachement « romantique » mettrait en jeu globalement les mêmes régions cérébrales, ainsi que certaines structures impliquées dans les récompenses. L’attachement « romantique » dépendrait, au moins en partie, du contexte socioculturel. En effet, on observe que dans les sociétés où l’activité érotique se déroule simplement et quotidiennement, l’attachement romantique est moins marqué et plus « apaisé » que dans les passions et les extases sentimentales de l’amoureux occidental.

Quant à l’amour maternel, chez les animaux, une intervention dans un processus naturel comme la mise bas perturbe l’attachement de la femelle envers son petit.

Physiologiquement, l’homme est programmé pour se reproduire, le sentiment amoureux, qui est censé précéder l’acte sexuel, ne serait qu’un leurre pour nous pousser à croître et à nous multiplier.

 Lors du coup de foudre, notre cerveau capte les phéromones de l’autre. Le baiser qui s’ensuit a pour fonction de nous faire « goûter » à celui/celle qui deviendra notre partenaire.

Le coup de foudre met en éveil nos 5 sens : le goût de la peau, des lèvres, les odeurs corporelles, le son des vêtements qui bruissent, des mots doux susurrés à l’oreille, du coeur qui bat à tout rompre, la douceur de la peau et des cheveux dans le toucher et la vue d’un visage, d’un corps, d’un détail physique que l’on se met instantanément à aimer et qui dilate nos pupilles et fait battre notre cœur à tout rompre.

 L’imagerie par résonance magnétique a permis de démontrer que lorsque l’on tombe amoureux, certaines zones du cerveau s’éteignent, et en particulier celles qui nous permettent d’exercer notre sens critique. Les défauts de l’autre ne nous apparaissent pas et nous ne remarquons pas les petits détails qui pourraient nous agacer en temps normal.

L’état de dépendance extrême dans lequel on se retrouve, sans même en avoir pleinement conscience, est le résultat de deux neurotransmetteurs que notre corps sécrète en abondance : la dopamine et les endorphines. Au-delà des 3 premières années, se sont la sérotonine et  l’ocytocine qui prennent le relais.

Faire l’amour avec une personne que l’on aime et en retirer du plaisir attache les amants, toujours plus d’ocytocine qui, en plus d’attacher une maman à son petit, rend aussi accro à son partenaire. On entre dans un cercle que vous choisirez entre le vicieux et le vertueux : on s’aime, on fait l’amour, on se donne du plaisir, on s’aime encore plus, on refait l’amour ad lib.

L’avantage de ce cycle est qu’il peut commencer n’importe où : on fait l’amour, on a du plaisir, du coup on tombe amoureux, alors on refait l’amour, on se donne encore plus de plaisir et on tombe de plus en plus amoureux.

Baudelaire avait raison, un poison qui coule dans nos veines !

L’Amour, une histoire d’addi(c)tion ?

Si l’on schématise l’amour sur le plan mathématique, il nous pousse aux plus grandes  irrationalités

1+1 = 1 : La réunion de l’homme parfait en l’être originel androgyne, avant qu’il ne soit désuni. Le couple dans l’acte d’amour.

1+1 = 2 : L’homme et la femme, restent deux entités distinctes et pensent différemment.

1+1 = 3 : De l’accouplement de l’homme et de la femme naît l’enfant.

1+1 = Infini, l’amour à la quête duquel nous sommes tous, absolu et éternel.

Infini = 1, Le rassemblement de l’Humanité cimentée par ce même amour fraternel.

Sociologiquement, l’amour sous ses diverses formes agit comme un facteur majeur dans les relations sociales et la psychologie humaine. Ainsi, à l’étude de la pyramide de Maslow, passé les besoins vitaux et de sécurité, on peut s’apercevoir que l’homme, en tant qu’animal social, ressent très vite, et dès son plus jeune âge, un réel besoin d’appartenance et de reconnaissance qui se traduit par des comportements de mimétisme, d’agressivité, de gentillesse qui peuvent même tendre vers des excès pathologiques.

L’amour peut être perçu essentiellement comme la quête d’un manque, lorsque la notion oblative ne s’est pas développée.

L’amour que l’on porte à une personne ou un objet naîtrait par ce qu’il nous apporte ou est susceptible de nous apporter. « Aimer » ne serait autre qu’une façon inconsciente d’avouer sa propre impuissance à l’autonomie pour un besoin particulier à un moment donné. Besoin d’aimer ou besoin de se sentir aimé ne serait autre qu’un besoin égoïste, qu’une attente de la personne qui pourrait combler les ‘manques’ immatériels ou matériels que nous ne serions pas capables de satisfaire par nous-mêmes.

La fidélité dans la mariage ou par Amour ?

Mais pourtant, le mariage, cette promesse que l’on fait dans un temps de notre vie où l’on croit sincèrement à sa durée et à sa sincérité, n’est peut-être qu’un leurre inventé justement pour encadrer la filiation, mais ne répondant nullement aux réelles aspirations et capacités de l’être humain à rester fidèle toute une vie, qui s’est au passage bien allongée en plus de 3000 ans ? Comment tenir une promesse 50 ou 60 ans quand les deux individus changent, évoluent et que leurs rythmes se ressemblent de moins en moins ?

Faire durer ce couple demande beaucoup de volonté, de persévérance. On ne peut contraindre l’autre à la fidélité, comme faisant partie de la corbeille de mariés. Elle se gagne par l’entretien quotidien des sentiments et des relations amoureuses basées sur le respect et l’amour, l’écoute et la tolérance, la solidarité et la tendresse, la séduction et l’envie permanente de rendre l’autre heureux en lui donnant la possibilité de s’épanouir pleinement.

La fidélité n’est pas une résultante du mariage ou du couple, mais la résultante de la bonne santé du sentiment partagé et de ce que les épousés ont su en faire.

L’amour évolue, de la passion à la tendresse. Ce sentiment, souvent vécu comme un dessaisissement peut donner la sensation que rien ne peut l’altérer, et qu’il peut vivre par lui-même. Pourtant, en amour, rien n’est jamais acquis.

Du travail, parfois long, de séduction à l’entretien des sentiments de l’autre au quotidien, l’amour est un ouvrage de chaque instant et à long terme, qui peut s’avérer épuisant, si l’un des partenaires ni prend pas sa part. Car l’être amoureux ne souhaite-t-il pas, avant tout, le bonheur de l’autre avant le sien ? Ainsi, Spinoza exprimait l’attachement du couple de la façon suivante « Celui qui aime s’efforce nécessairement de se rendre présent et de conserver la chose qu’il aime. ».

Conserver l’amour demande un réel EFFORT ! C’est l’effort de construction du couple qui devient famille.

Effort qui mène à l’élévation de l’être intérieur que nous sommes. Celui qui, par un usage approprié de l’étude de soi, peut découvrir un autre lui-même, capable de se dépasser afin d’aimer l’autre comme un autre lui-même qui n’est pas lui.

S’aimer c’est aussi trouver la mesure nécessaire à la tolérance et à l’écoute de l’autre. L’amour c’est aussi accepter tout de l’autre, dans le temps, sans condition, parfois dans l’oubli de soi.

L’égalité et le respect de soi et de l’autre, sont les clés d’une relation épanouissante. Tout abus est destructeur de soi et de l’être aimé. Une descente lente et méandreuse, alors que le but recherché est plus souvent d’atteindre le 7ème ciel.

En conclusion, il est effectivement bien difficile d’accepter d’être aimé lorsque l’on ne se croit pas aimable. Le travail sur soi permet d’apprendre à se connaître, s’apprivoiser soi-même pour accepter de laisser les autres entrer dans notre espace personnel. Travail lent, difficile d’acceptation de celui que l’on est et tolérer que d’autres, qui voient nos imperfections, puissent nous aimer.

L’amour est fait pour être partagé, il rend éternel dans le cœur des autres, ce qui nous pousse à nous dépasser pour eux, quelle plus belle quête d’absolu existe-t-il ?

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